L’équipe et la communauté

Notre binôme, une histoire de famille…

L’équipe de l’atelier Quai 11, c’est l’histoire de 2 cousines, Bénédicte et Raphaële, qui se retrouvent dans la ville de Bordeaux, après des années d’éloignement géographique…
Nous sommes toutes 2 des créatrices passionnées, chacune avec un pied dans la création et l’autre dans le soin.
L’une, avec une formation d’infirmière et une carrière dans l’espace intérieur et la fabrication d’objets décoratifs, et l’autre, avec plus de 20 ans d’expérience dans le graphisme et une formation de sophrologue, nous partageons un amour profond pour l’art, la création manuelle, ainsi qu’une grande empathie et le désir d’apporter du bien-être à autrui.

Ensemble, nous décidons de combiner nos différents talents et d’unir nos compétences pour réaliser notre rêve commun : créer un lieu unique, où se rencontrent création et bien-être.

J’ai toujours eu besoin de créer avec mes mains.
C’est comme ça que je me recentre, que je retrouve un peu de calme quand tout s’agite autour de moi.

Petite dernière d’une grande fratrie, j’ai grandi au milieu du bruit, des rires et parfois des silences. Dans cette famille pleine de vie, j’ai appris tôt à me débrouiller seule, à observer, à transformer ce que j’avais sous la main. Le bois, le tissu, la couleur… tout devenait prétexte à créer.
C’était ma façon d’exister, de me raconter autrement.

Devenue maman très jeune, j’ai trouvé dans la création un refuge, une ressource. Je fabriquais des jeux, des meubles, des vêtements pour mes enfants. Faire naître quelque chose de mes mains, c’était à la fois un acte d’amour et un moyen de donner un peu de beauté au quotidien, même avec peu de moyens. Cette créativité, c’était ma respiration.

Puis il y a eu les épreuves — celles qui bousculent, qui arrachent parfois tout sur leur passage.
Des choix difficiles, des séparations, des recommencements à zéro.
Et pourtant, à chaque fois, mes désirs de créer m’ont portée.
Ils m’ont ramenée à moi.

C’est sans doute pour ça que j’ai voulu apprendre vraiment : comprendre la matière, la travailler avec justesse.
Je me suis formée à la menuiserie, j’ai restauré des meubles, redonné vie à des objets fatigués. C’était comme redonner vie à une part de moi. À travers le bois, la couleur, le geste, j’ai retrouvé la confiance, la paix, la force tranquille de créer.

Le soin a toujours été là, quelque part, en filigrane.
Le soin des autres, celui qu’on apprend, mais aussi le soin de soi, celui qu’on oublie souvent.
Quand la vie m’a menée vers le métier d’infirmière, c’était une autre façon de réparer. Mais les murs froids de l’hôpital n’ont pas eu la douceur de l’atelier, et j’ai compris que mon chemin était ailleurs : dans la création, dans ces moments suspendus où le geste apaise l’esprit.

Avec les années, cette évidence s’est imposée : la création peut guérir.
Elle reconnecte à soi, elle ancre, elle apaise.
Ce n’est pas un simple loisir, c’est une forme de présence au monde.
Aujourd’hui, chaque étape de ma vie me ramène à cela : à ce besoin de transmettre, d’inviter les autres à retrouver, eux aussi, ce lien entre les mains, la tête et le cœur.
Je crois profondément que créer, c’est une manière de prendre soin de soi.

Je crois que j’ai toujours vécu avec des idées plein la tête…
Petite dernière d’une fratrie de 4, j’ai toujours créé plein de choses : je transformais mes vêtements, je détournais des punaises pour en faire des “pins”, je créais des bijoux avec du fil de fer, je dessinais partout où je pouvais… Bref, la création manuelle à toujours fait partie de moi.
A l’adolescence, j’ai même eu la chance d’avoir mon propre atelier, une pièce rien que pour moi, un refuge où j’ai pu donner vie à mes idées, et me reconstruire après la disparition de ma maman.

J’ai longtemps rêvé de retrouver cet atelier dans ma vie d’adulte.
Mais je me suis dirigée vers le graphisme pour ma vie professionnelle, un métier créatif que j’ai aimé et pour lequel j’ai passé vingt-cinq ans à imaginer, composer, concevoir et parfois encore un peu dessiner… mais la matière, le geste… mes mains avaient besoin de s’exprimer elles aussi.
Même en ayant eu la chance de travailler en tant qu’illustratrice pour des marques de puériculture, je rêvais toujours de mon atelier, où la création occuperait toute la place.

Puis, avec le temps, et certainement pour suivre les traces de ma maman infirmière, toujours tournée vers les autres, j’ai voulu donner plus de sens à mon activité professionnelle, tendre la main moi aussi… C’est d’abord en tant que maman que je me suis penché sur la sophrologie et j’ai découvert une discipline étonnamment créative, presque artisanale, où les émotions, les images, les sensations prennent vie dans la douceur. Alors j’y ai mis mes mains, mes idées… avec la conviction que la création joue un rôle essentiel dans la reconstruction de soi et le bien-être.

Puis il y a eu un déménagement à Bordeaux. Un déracinement adouci par les retrouvailles avec ma cousine Bénédicte avec qui je partage le goût de créer, d’aider, d’accueillir, d’inventer.
C’est là que tout s’est aligné. Nos histoires, nos blessures, nos élans, nos passions. Et l’idée d’une association, pour réaliser un rêve commun, nous est apparue comme une évidence.

Aujourd’hui, ce projet n’est pas seulement la suite logique de mon parcours. C’est la rencontre entre la petite fille qui bricolait, l’adolescente qui trouvait refuge dans son atelier, la graphiste qui rêvait de toucher la matière, la sophrologue qui voulait tendre la main, et la maman qui apprend encore chaque jour.

C’est ce fil-là, tissé depuis l’enfance, qui nous a conduites jusqu’à notre projet commun : unir nos chemins, nos savoir-faire, nos histoires, pour en faire un lieu vivant où la création devient source d’équilibre et d’apaisement.
Un lieu où l’on crée, où l’on se pose, où l’on prend soin de soi et des autres. Un lieu pour tous, et un peu pour les petites filles que nous étions..

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